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" Ils ont été pris pour cible alors qu'ils tentaient de fuir " - Mary Brace de NP pour BBC World Service

Date: 31 octobre 2025

Source originale : BBC World Service Newsday (31 oct. 2025, 05:06 GMT, débutant à 27:09)

James Copnall : Nous commencerons par le Soudan et la condamnation par le Conseil de sécurité des Nations Unies de l'offensive des Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire, contre la ville d'El Fasher. Les membres du Conseil de sécurité ont exigé que les responsables des atrocités commises par les FSR, notamment les exécutions sommaires et les détentions arbitraires, rendent des comptes. Les informations concernant la situation à El Fasher continuent d'émerger. Quelques milliers des quelque 250 000 habitants ont réussi à fuir et à rejoindre la ville voisine de Tawila. L'un d'eux, Hassan Moussa, a témoigné auprès de la BBC :

" Nous avons été divisés en groupes et battus. Les scènes étaient d'une brutalité extrême. Nous avons vu des gens exécutés sous nos yeux. Nous avons vu des gens se faire battre. C'était vraiment terrible. Nous sommes restés trois jours sans manger ni boire, à marcher dans les rues. "

Bien, direction Tawila pour parler avec Mary Brace, de la Nonviolent Peaceforce, une organisation qui œuvre pour la protection des civils dans les conflits violents. Bienvenue sur Newsday. Le témoignage d'Hassan Moussa, venu d'El Fasher à Tawila, concorde-t-il avec les récits que vous avez recueillis ?

Marie Brace : Oui, absolument, ce sont des témoignages que nous recevons de nombreuses personnes à leur arrivée. Elles font état de tirs alors qu'elles tentaient de fuir, de séparations survenues le long des routes, ainsi que de passages à tabac et de pillages.

James Copnall : Peut-on identifier clairement les auteurs de ces actes de violence ? S’agit-il des RSF, d’autres milices rencontrées sur le terrain ? Est-il possible de le savoir ?

Marie Brace : Je veux dire, on ne sait pas vraiment qui tire les ficelles. On sait, évidemment, qui contrôle El Fasher maintenant, mais d'après les témoignages recueillis sur les routes, il y a plusieurs groupes différents. Les gens échappent à un groupe pour tomber sur un autre et se faire à nouveau piller et tabasser.

James Copnall: Qu’en est-il des personnes qui arrivent à Tawila et qui vous font part de leurs expériences à El Fasher ? Qu’entendez-vous ?

Marie Brace : Ces dernières semaines ont été incroyablement difficiles, avec des bombardements incessants. La population était terrifiée par ce qui allait se passer. Les vivres étaient extrêmement rares. Nous savons que certains ont dû se nourrir de fourrage pour survivre, et même faire bouillir des peaux de vache. La semaine dernière, nous avons vu arriver davantage de personnes. Nous savons que lors de la chute de la ville, les habitants ont fui vers l'ouest, sous le feu ennemi, et ont trébuché sur des corps dans leur fuite.

James Copnall : Que pouvez-vous me dire sur le nombre de personnes qui arrivent à Tawila ? Les estimations varient, mais on parle de 250 000 à 400 000 personnes à El Fasher. Hier, à Tawila, une personne nous a indiqué qu'environ 5 000 personnes seulement étaient arrivées récemment. Il est donc clair qu'un grand nombre de personnes souhaitent quitter El Fasher. Combien parviennent à Tawila ?

Marie Brace : Il est très difficile d'estimer ces chiffres. En effet, les gens arrivent par divers itinéraires, voyageant de nuit pour éviter les groupes de migrants, et non sur la route principale. Ils arrivent donc en ville par des chemins détournés. Nous avons également reçu des informations, non confirmées pour l'instant, faisant état de personnes retenues près d'El Fasher. Le nombre de personnes arrivées est donc inférieur à nos prévisions. Nous suivons la situation de près.

James Copnall : Êtes-vous certain que Tawila constitue un refuge sûr et qu'elle ne deviendra pas la prochaine cible des RSF ?

Marie Brace : Nous suivons donc de très près la situation sécuritaire, en collaboration avec tous nos partenaires et les différentes autorités. Pour l'instant, nous sommes plutôt confiants : notre priorité est d'apporter une réponse immédiate aux personnes qui arrivent et de faciliter l'accès à des couloirs sécurisés. Nous agissons donc pour le moment en partant de ce principe.

James Copnall : Mary Brace, merci beaucoup, de la part de Nonviolent Peaceforce, une organisation qui œuvre pour la protection des civils dans les conflits violents. Elle s'exprimait depuis la ville de Tawila.

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