Repenser la protection axée sur la communauté dans les opérations de soutien à la paix de l'UA
Promouvoir une protection axée sur la communauté dans les opérations de soutien à la paix de l'Union africaine
Les 20 et 21 novembre 2025, Nonviolent Peaceforce, en collaboration avec l’Institut d’études de sécurité, l’Union africaine (UA) et le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine, a organisé un dialogue d’experts à Addis-Abeba à un moment où les opérations de paix africaines subissent des tensions croissantes. Consultez le compte rendu complet de l'événement ici..
Face à la fragmentation croissante des environnements conflictuels, à la difficulté accrue de trouver des solutions politiques et à l'aggravation des dommages causés aux civils, le dialogue a posé une question simple mais dérangeante : Pourquoi la protection des civils est-elle si souvent défaillante dans la pratique, même lorsque le cadre politique est solide ?
Le dialogue a réuni des responsables de l'Union africaine, des représentants des Communautés économiques régionales (CER), des acteurs des Nations Unies, des diplomates et des donateurs basés à Addis-Abeba, des spécialistes des opérations de paix, ainsi que des acteurs de la société civile et de la protection communautaire. Plutôt que de revenir sur les engagements normatifs, les discussions se sont concentrées sur les contraintes concrètes. façonner les résultats en matière de protection dans les opérations de soutien à la paix de l'UA (PSO) : aversion au risque politique, choix de conception des missions, modèles de financement et marginalisation persistante des composantes civiles.


Les participants ont reconnu que la politique de l'UA en matière de protection des civils représente une évolution significative vers une vision de la protection davantage axée sur les personnes, privilégiant la prévention, l'engagement politique et la création d'un environnement protecteur. Toutefois, dans les contextes de maintien de la paix et à haut risque, sa mise en œuvre demeure inégale. La protection des civils est encore trop souvent considérée comme une fonction secondaire, éclipsée par les impératifs sécuritaires et les logiques opérationnelles. Le sous-investissement chronique dans l'expertise civile, conjugué à un financement à court terme et imprévisible, continue d'orienter les missions vers des réponses réactives et militarisées qui gèrent les dommages plutôt que de les prévenir.
L'un des aspects les plus convaincants du dialogue est venu des représentants communautaires et des organisations de la société civile travaillant au plus près des violences. Ils ont décrit comment, dans des contextes où l'autorité de l'État est contestée et la présence des forces de sécurité limitée, la protection est souvent assurée non par la force, mais par… réseaux d'alerte précoce, médiation locale, présence protectrice et dialogue continu avec les acteurs armés et les communautés.. Ces approches non armées et non violentes n'ont pas été présentées comme des alternatives à la responsabilité institutionnelle, mais comme des compléments essentiels qui comblent des lacunes critiques et étendent la protection au-delà de la portée des structures formelles.


Les participants ont souligné l'importance de reconnaître les initiatives dirigées par des civils et protection axée sur la communauté Cela exige plus qu'un soutien rhétorique. Il faut des partenariats intentionnels et conscients des risques, des rôles plus clairs entre les missions et la société civile, et un soutien politique qui permette de considérer l'engagement civil comme essentiel à l'efficacité des missions plutôt que comme périphérique ou optionnel.
Le dialogue s'est conclu sur la reconnaissance partagée que la promotion des personnes de couleur dans les opérations de maintien de la paix de l'UA relève en définitive d'un choix politique. Les participants ont souligné la nécessité d'un investissement soutenu dans les capacités civiles, d'un financement prévisible pour des missions véritablement multidimensionnelles, d'un engagement plus précoce et plus systématique auprès des communautés, et d'une meilleure coordination entre les institutions de l'UA, les CER, les opérations de maintien de la paix et les acteurs de la société civile.
Le renforcement de la protection axée sur la communauté était largement perçu non seulement comme une voie vers de meilleurs résultats en matière de protection, mais aussi comme un moyen de restaurer la légitimité, la crédibilité et la durabilité des opérations de paix africaines dans des contextes où la confiance est fragile et les attentes élevées.


